Trail&CO

lundi 23 mars 2020

TOUR DU BEAUFORTAIN : Presset - L'Alpage (J5)


5ème jour dans le Beaufortain
Encore une belle journée au programme. Hier, les nuages masquaient les sommets environnants. Mais ce matin... depuis la terrasse du refuge nous avons un panorama incroyable avec, comme reine au tableau : la Pierra Menta. Saviez-vous que "Pierra Menta" signifie pierre montée ? Elle est constituée d'un énorme éperon monolithique (120m environ de paroi verticale) au sommet d'une arête rocheuse. Ça donnerait presque envie de s'équiper du baudrier ! Mais pas le temps, nous regardons le topo, aujourd'hui 18km nous attendent, une grosse étape en prévision.

Sacs sur les épaules ; les épaules sont maintenant habituées, tout comme les pieds. C'est comme si votre organisme savait qu'il allait souffrir mais que, comme c'est pour la bonne cause, l'information ne monte plus au cerveau. Profil plutôt descendant dans l'ensemble, mais avec deux belles montées. Go c'est parti !

1ère étape : le col du Coin (2398m)
Depuis le refuge, nous reprenons le sentier GR qui nous conduit rapidement au col du Bresson, juste en dessous de la Pierra Menta. Nous avons donc le temps de la contempler avant d'amorcer la descente dans une combe plus verdoyante. Ici, le sentier est technique, il faut faire attention où l'on met les pieds d'autant plus que les yeux sont constamment attirés par les cris des marmottes. Nous nous arrêtons souvent pour tenter de les trouver. La plupart jouent aux timides, mais quelques unes se laissent photographier, pour notre plus grand plaisir.


Voilà, nous atteignons atteignons un petit cours d'eau qui, d'une part marque la fin de la descente (est-ce positif ou pas ? à voir avec ce qui nous attend ensuite...) et d'autre part nous permet de rafraîchir les petits petons martelés par ces 5 jours de randonnée acharnée. Nous avons à présent notre 1er objectif en ligne de mire : le col du Coin. Ah oui, quand même. Il n'est pas si prêt que ça. Pas si "bas" en altitude que ça non plus. Et pas si "roulant" avec des pierriers à traverser nous semble t-il.

Tandis que certains randonneurs prennent une petite variante conduisant au lac d'Amour, nous poursuivons tranquillement le GR, à un rythme régulier pour ne pas perdre trop de temps. La combe verdoyante se transforme, au fur et à mesure de l'ascension, en un pierrier où les gravillons roulent sous les pieds. Un pas en avant, un pas glissant vers l'arrière pourrait-on presque dire. Chaque journée nous rappelle que nous sommes bien en montagne, sur des sentiers engagés. Et que la beauté des paysages se mérite par l'effort que nous fournissons et par le respect que nous avons pour cet environnement au combien exceptionnel.

Les yeux rivés sur ma montre, comme à chaque fois que je grimpe quelque part, je fixe l'altitude. Non pas comme "ben alors quand est-ce qu'on arrive" mais plutôt comme un challenge "allez, plus que 125m !". Et c'est étrange, mais quand je sens que je suis sur le point d'atteindre ce point haut, j'accélère le pas, je n'ai plus qu'une envie : regarder ce que l'autre versant nous offre...

Et nous y voilà ! Mais il fait froid, le col est encore recouvert de neige et de glace. Nous ne traînons donc pas et débutons la descente pour aller à la recherche d'un parfait endroit pour pique-niquer. Les premiers mètres sont très raides, les pas doivent être assurés. A retenir ainsi contre la pente tout notre poids, et celui de notre sac, les cuisses sont bien plus qu'échauffées en ce début de journée. Mais heureusement, la pente s'adoucit, et un chemin nous conduit vers de plus verts et plus doux paysages.

Un peu avant d'arriver au Cormet d'Arêches nous trouvons un petit chalet qui nous abrite du vent tout en nous laissant profiter du soleil pour nous réchauffer. Nous déballons nos affaires et nous nous ravitaillons.



2ème étape : le lac de Saint Guérin (1577m)
Nous nous remettons en marche pour de nombreux kilomètres que nous savons peu difficiles. Jusqu'au lac, ça descend et à cette altitude nous sommes dans les alpages. Les sentiers sont plus doux et moins agressifs. Il fait plus chaud également, nous savourons ces foulées faciles qui nous conduisent d'abord au petit lac des Fées (1896m). Nous photographions tout ce que nous voyons. Les montagnes bien sur, mais le sentier sous toutes ses courbes, les fleurs, les hautes herbes, les vaches que nous croisons. Nous en profitons aussi pour immortaliser notre très jolie rencontre avec un couple de randonneurs qui eux aussi sont venus découvrir le Beaufortain. La randonnée itinérante, c'est aussi ça, tisser au fil des kilomètres des liens avec des inconnus qui partagent la même passion.


D'autant plus que c'est la dernière fois que nous les verrons. Il s'arrêtent au refuge de l'Econdu, alors que nous continuons en direction du lac de Saint Guérin. Bonne continuation les amis, nous espérons vous recroiser un jour sur des sentiers !

A l'approche du lac, les efforts cumulés du jour, mais aussi des précédents, se font sentir. Nous sommes fatiguées, il faut bien l'avouer, et nous ne sommes pourtant pas au bout de notre expédition ! Tant que ça descend, passe encore. Nous nous mettons "en mode automatique" et avançons en se distrayant grâce à la flore qui nous entoure, grâce aux histoires que nous nous racontons et grâce aux merveilleux souvenirs que nous avons déjà accumulés depuis le début de la semaine.

Nous arrivons bien au lac. C'est magnifique ! Une passerelle nous permet de traverser pour rejoindre l'autre rive d'où repart le sentier.


3ème et dernière étape : la forêt de Marlhonais (1577m)
A peine le temps de contempler et de se rafraichir que nous débutons la dernière, et pas des moindres, difficulté de la journée. Je dois bien avouer que finir une randonnée sur une ascension de presque 500 mètres de dénivelé positif, faut être costaud et prêt mentalement ! La journée commence à être longue, et cette montée est très raide, surtout au début. Un sentier en sous-bois qui traverse la forêt de Marlhonais. Nous ne voyons plus, ou presque plus, le lac désormais. Nous sommes seules, dans cette forêt, à compter le dénivelé nous séparant du refuge.

Le temps passe assez vite tout de même, la pente s'adoucit une fois encore et nous arrivons dans les alpages. Un petit tour d'horizon et hop, nous visualisons notre point de chute ! Au bord d'un chemin, au milieu des pistes de ski. Rien autour si ce n'est le calme des prairies verdoyantes.


Un grand chalet, très cosy et très accueillant. Du grand luxe pour des randonneurs comme nous ! Nous nous permettons même une petite lessive à la main que nous pouvons suspendre au-dessus de radiateurs dans notre chambre. La bière est la bienvenue, et tandis que mes deux coéquipières se reposent, je pars observer nos voisines du soir, les marmottes.

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