Trail&CO

mercredi 22 avril 2020

METIER PASSION ∙ Le Diplôme d'Accompagnateur en Montagne (AMM)


Bonjour la petite tribu Trail&CO !
Aujourd'hui, un petit article pour vous présenter les débuts de mon nouveau projet professionnel ! Je vais vous parler du métier passion que j'envisage, les réflexions que j'ai eues sur ma reconversion professionnelle et les futurs objectifs à atteindre pour y arriver. J'espère que ça vous plaira, que ça vous parlera (je sais que certains d'entre vous vivent aussi des situations difficiles au travail), et que ça vous inspirera. Le premier article d'une longue série (si je réussis du moins !) car je compte bien vous emmener avec moi à travers ce projet de folie, le projet d'une vie. Le projet de ma vie.


-  U N E   C A D R E   E N   B U R N O U T  -

Si vous ne le savez pas, j'ai fait de longues études (jusqu'au doctorat). J'ai beaucoup aimé mes études, ça a été dur parfois, j'ai pleuré aussi, parfois, j'ai tout donné, souvent, mais j'y suis arrivée. Ça m'a rendu fière, ça a rendu fière ma famille, et ça, ça comptait beaucoup pour moi. Par ailleurs, je ne me suis jamais posée la question du salariat ou de l'entrepreunariat. Le salariat bien sûr. Pour le confort, la sécurité, la simplicité. 

Après mes études, j'ai travaillé, dans des laboratoires d'abord. Et puis j'ai fini par décrocher un poste à responsabilités en 2017, je suis devenue directrice d'un établissement privé d'enseignement supérieur. Le genre de poste où tu as la responsabilité de plus de 500 étudiants, où tu manages une équipe de plus de 70 prof et pour t'aider dans ces missions, tu as seulement une équipe de 2 personnes.

Franchement, je me suis éclatée. Qu'est ce que ce fut dur, certes, mais j'ai aimé ce nouveau défi qui s'offrait à moi. Certains ont cru que c'était impossible, moi je l'ai fait. Mais j'y ai laissé beaucoup de choses. Des heures, des heures et des heures sup', des soirées et des week-ends à travailler, des discours d'entreprise qui ne me convenaient parfois pas, mais qu'il fallait bien clamer. Petit à petit, les missions se sont accumulées, les responsabilités aussi puisque j'avais de plus en plus de projets nationaux à ma charge. Et j'ai découvert le "côté sombre" de ma boîte. Ça ne me plaisait. J'en suis arrivée à un stade où je rentrais en pleurs chaque soir. Je ne voyais ma fille, arrivée entre temps, qu'une paire d'heures (et encore) le soir en tout et pour tout ! Le week-end, j'étais fatiguée (quand je ne travaillais pas), je ne pouvais pas poser mes congés et mes récup' quand je voulais. La goutte d'eau a été de retrouver un membre de mon équipe en pleurs un matin après le passage du PDG. J'ai remis ma lettre de démission quelques jours après.

Au moment de démissionner, je n'avais pas vraiment de pistes pour l'avenir, même si quelques écoles avaient pris contact avec moi. C'est un grand risque, que nous avons pris en famille, mais il était hors de question que j'y laisse ma santé. Je ne voulais pas que ma fille grandisse en voyant sa maman ainsi.


-  J ' A I   T E S T E   L ' I K I G A I  -

En premier lieu, il a fallu accuser le coup. Pas simple, ce poste m'a vidé de toute mon énergie, de mon positivisme, de mon enthousiasme. Il fallait tout de même rebondir. En commençant mes réflexions pour trouver un nouveau poste similaire, je me suis rendue compte que je n'avais aucune (mais alors aucune) motivation. J'ai eu deux entretiens. J'ai prié pour ne pas être sélectionnée ! Repartir dans la même routine, travailler pour la réussite d'un patron que je ne connais pas, je n'en avais pas envie. Alors que faire ?

C'est là que mon mari, une personne exceptionnelle, m'a simplement dit "fais ce que tu veux". Ok, ce que je veux. Oui, bonne question d'ailleurs, qu'est ce que je veux réellement faire ? C'est là que j'ai essayé de trouver... mon ikigai !

Non ce n'est pas une secte, mais une technique pour trouver sa raison d'être. Il s'agit plus précisément d'une philosophie de vie japonaise qui consiste à trouver un sens à notre vie, un équilibre, une raison de se lever le matin et d'être heureux d'accueillir chaque jour. Ça ne vous fait pas rêver ça ?

Un bloc notes, un crayon et hop il "suffit" de lister : ce que l'on aime, ce pour quoi on est doué, ce pour quoi on est ou pourrait être payé et ce dont le monde a besoin selon nous. Il faut néanmoins du temps. Car il faut que ça soit le plus complet possible. Je l'ai laissé sur ma table de nuit pendant quelques semaines et j'y notais ce qui me venait soit le soir soit le matin au réveil.

Ainsi, j'ai pu conclure que ce le poste que j'occupais auparavant n'était plus en concordance avec ce que je voulais faire de ma vie. A partir de là, je me suis dit, pourquoi pas changer de voie ? Changer de statut en quittant le salariat d'une part, pour travailler à mon compte et pas pour quelqu'un qui ne partage pas mes valeurs. Et changer de domaine d'activité pour un métier "passion".

Et ce métier "passion", si j'en parle ici, vous vous en doutez, c'est que ça concerne notre passion à tous : la montagne. Etrangement, c'est ce qui est ressorti de mon Ikigai...


-  U N  D E B U T  D E  P R O J E T  -
Ce métier "passion", comme je l'appelle, il est indiqué dans le titre, c'est le métier d'accompagnateur en montagne. Un métier "passion" car pour l'exercer, il faut effectivement être passionné. Clairement, je ne me fais pas d'illusions, je connais les difficultés liées à cette profession. Les professionnels de ce secteur doivent avoir plusieurs cordes à leur arc car on ne vit pas, ou pas assez, de cette seule activité.

Dans mon cas, mon projet n'est bien évidemment pas encore défini. Il est trop tôt, je veux prendre le temps d'y réfléchir. Mais le point de départ sera le diplôme d'état d'accompagnateur moyenne montagne. Parce que c'est quelque chose que j'ai envie de faire depuis longtemps. Parce que j'ai envie de construire un projet professionnel autour des sports nature, autour de la montagne, autour du partage, de l'initiation, de l'aventure et de la protection de tout cet univers. Et d'avoir la légitimité de le faire.

Donc 1ère étape : le Diplôme d'Etat d'Accompagnateur en Moyenne Montagne.

Ensuite, ou du moins en parallèle, je vais tenter de développer mon projet. Comme dit plus haut, je ne souhaite pas (même si c'était possible) avoir pour seule activité l'accompagnement en randonnée / trail. De part mon parcours et mes expériences, j'ai de nombreuses compétences que je pense pouvoir utiliser dans ce cadre. J'ai pleins d'idées qu'il faut que je trie et que j'affûte. Je vous en dirai plus dans le prochain article à ce sujet !


-  A M M : Q U'E S T  C E  Q U E  C'E S T ?  -

Pour ceux qui ne connaissent pas le métier ou les modalités d'inscription, je vous ai concocté une petite vidéo ! Et si vous avez d'autres questions, posez-les en bas de cet article j'y répondrai dans les prochains articles.



Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Vous en savez plus sur ma reconversion et sur mon projet professionnel futur. Dans mon prochain article, je vous parlerai plus en détail de l'examen probatoire et de ma préparation pour le réussir ! N'hésitez pas à me laisser un commentaire si vous avez aimé, si vous avez des questions ou même si vous êtes AMM ou souhaitez le devenir. A très bientôt !

Sportivement,
Fanny

10 commentaires:

  1. Fanny ,
    C'est un vrai vent de fraîcheur qui souffle au travers de cet article très personnel !Un parcours de vie qui prouve que l'on peut ( et que l'on doit ? ) en avoir plusieurs , que le bonheur n'est pas unique et que plusieurs chemins se laissent découvrir pour peu que l'on ose s'y aventurer . Certes , franchir le pas , remettre en cause ses acquis , ses certitudes et sa tranquillité est toujours un pari qui demande courage , accompagnement , patience et sans doute un petit grain de folie quand souffle le vent de la liberté ! La naissance est souvent l'élément déclencheur , d'une autre naissance , la place que l'on occupe dans ce monde et l'on fait le tri entre l'essentiel et le superflu,où l'on regarde qui l'on est et qui l'on souhaite devenir. C'est un tres beau projet que celui de se rapprocher de ses idéaux , les pieds sur terre, la téte dans les étoiles !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Coucou Fred, quel plaisir de te lire ! Un immense merci pour ces mots rassurants et encourageants ! "La naissance est souvent l'élément déclencheur , d'une autre naissance" : c'est tellement vrai, et pourtant, avant d'avoir ma fille, je n'y aurais jamais cru ! Encore merci :-)

      Supprimer
  2. Salut Fanny,
    Je suis actuellement toujours dans les études et je me pose beaucoup de questions (pour justement de pas arrivé à des extrême comme toi). Je me sent perdue mais ton témoignage m'as un peu rassuré si je puis dire. Hâte d'en apprendre plus sur ton parcours ^^

    RépondreSupprimer
  3. Hello Fanny !
    Cet article me parle à plus d'un titre, ça ressemble un peu à mon histoire aussi. J'en suis arrivé aux même conclusions que toi après plusieurs années à me mentir dans un travail de cadre que je ne n'assumait pas bien. Et moi aussi j'ai décidé de me lancer dans la formation AMM ! J'ai déjà commencé à remplir le fameux tableau de rando ! Mais quelle galère cette année ! Et comment être sûr que l'on est à la hauteur ? Il faut s'accrocher !!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Coucou Jérémy :-) Merci pour ton retour, je suis contente de voir que mon témoignage permet de rassurer d'autres personnes comme moi :-)
      Que faisais-tu comme job toi ?
      Bon courage pour le tableau rando ! J'espère que les restrictions (confinement et autres) te permettront tout de même de faire toutes tes rands !
      Être à la hauteur... c'est effectivement difficile de le déterminer. Dans mon cas, j'avoue que je n'avance pas complètement dans l'inconnu puisque mon papa est professionnel de montagne (AMM entre autres), je l'accompagne régulièrement, je connais plutôt bien le métier (les avantages, les contraintes...). De mon côté, j'ai animé des rando, des entraînements de course d'orientation, des sorties en trail-running. J'ai également de solides notions en gestion de projet (pour le côté entrepreneuriat). Je ne me suis pas vraiment posée la question de savoir si j'allais être à la hauteur, mais plutôt si mon projet allait plaire d'autres personnes que moi ;-)
      Mais comme tu le dis, il faut s'accrocher. Et se poser les bonnes questions. Es-tu vraiment passionné ? Veux-tu changer ta vie ? Es-tu prêt aussi à tenter l'aventure au risque que ça ne marche pas ? (c'est à prendre en compte aussi !)

      Supprimer
    2. Salut !

      Pour ma part, j'étais chef de projet dans un bureau d'étude, plutôt dans le développement territorial.
      Oui, pour les randos ce sera un peu galère pour cette année je pense, n'habitant pas encore en moyenne montagne cela nécessite des déplacements et des nuits en refuge donc bon...
      J'ai vraiment du mal à estimer mon niveau, je n'ai pas grandi en montagne car c'est une passion qui m'a pris sur le tard et qui s'est présentée comme une évidence. J'ai fait mes expériences seul, sans assise théorique, j'ai appris sur le tas en partant marcher pendant plusieurs mois parfois (ce que je suis parti faire pour "soigner" mon premier burn out). J'ai appris à m'orienter comme ça avec une carte, une boussole et des gens sympas mais personne ne m'a jamais vraiment appris. Je connais la faune et la flore pour avoir passé des heures observer, sentir, écouter... mais parfois sans savoir les nommer.
      Après j'ai fait pas mal de trails, quelques ultra, mais j'ai lâché depuis peu la notion de perf. J'y vais plus tranquille et je préfère prendre le temps d'observer maintenant.
      Cela dit, après une longue réflexion, c'est évident que cela recoupe mes passions, mes envies, mes valeurs. Pour rien au monde je ne veux retrouver la vie de bureau, ses "deadlines" et autres "objectifs", "moyens", "défis"...
      C'est cette vie la que je veux. Pouvoir conjuguer mon amour de la nature, expliquer et transmettre les richesses autour de nous, être au contact des autres et surtout continuer à pratiquer des activités physiques (c'est toute ma vie!). Tout ça a tellement plus de sens à mes yeux !
      Je suis bien conscient de la difficulté d'un tel métier mais j'ai tellement d'idées pour développer ça ! Des trucs très sportifs ou au contraire très ludiques, avec des scolaires, des herboristes, des écrivains, des artistes... Ça bouillonne dans mon esprit !!
      Je sais bien que tout n'est pas tout rose et j'envisage assez bien aussi de pouvoir conjuguer ça avec mes expériences en développement territorial. Le développement des projets accès sur le tourisme durable part des collectivités territoriales, des associations... ont le vent en poupe quand même. Je pense que cela peut se conjuguer assez bien. Éventuellement alterner ces deux activités...
      Mais chaque chose en son temps ! Pour l'instant, j'attends une opportunité pour bouger dans le massif central avec ma famille et me lancer à fond !!

      En tout cas ça me remotive à fond des échanges comme ça !

      Supprimer
  4. Salut !

    Pour ma part, j'étais chef de projet dans un bureau d'étude, plutôt dans le développement territorial.
    Oui, pour les randos ce sera un peu galère pour cette année je pense, n'habitant pas encore en moyenne montagne cela nécessite des déplacements et des nuits en refuge donc bon...
    J'ai vraiment du mal à estimer mon niveau, je n'ai pas grandi en montagne car c'est une passion qui m'a pris sur le tard et qui s'est présentée comme une évidence. J'ai fait mes expériences seul, sans assise théorique, j'ai appris sur le tas en partant marcher pendant plusieurs mois parfois (ce que je suis parti faire pour "soigner" mon premier burn out). J'ai appris à m'orienter comme ça avec une carte, une boussole et des gens sympas mais personne ne m'a jamais vraiment appris. Je connais la faune et la flore pour avoir passé des heures observer, sentir, écouter... mais parfois sans savoir les nommer.
    Après j'ai fait pas mal de trails, quelques ultra, mais j'ai lâché depuis peu la notion de perf. J'y vais plus tranquille et je préfère prendre le temps d'observer maintenant.
    Cela dit, après une longue réflexion, c'est évident que cela recoupe mes passions, mes envies, mes valeurs. Pour rien au monde je ne veux retrouver la vie de bureau, ses "deadlines" et autres "objectifs", "moyens", "défis"...
    C'est cette vie la que je veux. Pouvoir conjuguer mon amour de la nature, expliquer et transmettre les richesses autour de nous, être au contact des autres et surtout continuer à pratiquer des activités physiques (c'est toute ma vie!). Tout ça a tellement plus de sens à mes yeux !
    Je suis bien conscient de la difficulté d'un tel métier mais j'ai tellement d'idées pour développer ça ! Des trucs très sportifs ou au contraire très ludiques, avec des scolaires, des herboristes, des écrivains, des artistes... Ça bouillonne dans mon esprit !!
    Je sais bien que tout n'est pas tout rose et j'envisage assez bien aussi de pouvoir conjuguer ça avec mes expériences en développement territorial. Le développement des projets accès sur le tourisme durable part des collectivités territoriales, des associations... ont le vent en poupe quand même. Je pense que cela peut se conjuguer assez bien. Éventuellement alterner ces deux activités...
    Mais chaque chose en son temps ! Pour l'instant, j'attends une opportunité pour bouger dans le massif central avec ma famille et me lancer à fond !!

    En tout cas ça me remotive à fond des échanges comme ça !

    RépondreSupprimer
  5. Salut Fanny,
    Je suis tombée un peu par hasard sur une de tes vidéos et ensuite ton site... Je me reconnais beaucoup dans ton parcours.
    Moi même j'ai été cadre jusqu'au jour où je ne pouvais plus supporter cela et j'ai décidé de tout quitter pour vivre de ma passion : la même que toi!!
    Comme toi, je me suis présentée au probatoire et je l'ai réussi du premier coup, il y a un peu moins de 2 ans... puis depuis le reste s'est enchainé de manière super fluide, et je suis maintenant à un mois de passer mon final :)
    Tout cela pour te dire que c'est génial ce que tu fais et ce changement de vie :-D
    Je me reconnais dans ce que tu décris. Alors continues de foncer et surtout éclates toi en formation!!
    Au plaisir de te croiser sur des sentiers de randonnée ;)
    Audrey

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour Audrey,

      Merci merci merci ! Un témoignage comme le tien me confirme que j'ai fait le bon choix :-) en plus, de la part d'une femme, c'est top ! Tu es dans quel coin de France ?

      Supprimer
    2. Je suis dans les Alpes du Nord, localisée sur Chambéry.
      N'hésites pas, si tu as besoin de conseils ou autres à propos de la formation. C'est avec plaisir si je peux apporter quelque chose avec ma petite expérience :)
      audrey.coullet@gmail.com

      Supprimer