Trail&CO

dimanche 28 juin 2020

TREK AU NEPAL (suite) : Le Tour des Annapurna (sous la neige) de Vincent

Suite de la websérie sur le trek au Népal de Vincent, un membre de la communauté Trail&CO. Aujourd'hui, il nous emmène avec lui, pour revivre ses premières foulées dans l'Himalaya. Vous nous suivez ? C'est parti !

9 mars 2020 : Jour 1 - Arrivée à Katmandou

M'y voilà : aéroport de Katmandou, Népal. C'est la première fois que je pose le pied dans ce pays, quelle hâte de le découvrir ! Direction l’hôtel. Dans le taxi qui m'y amène, voici les premières images que je découvre : un trafic chaotique, des scooters, motos et piétons partout, j'ai d’ailleurs cru qu'on allait en renverser plusieurs... Katmandou est une ville immense avec environ 3.5 millions d’habitants. L’ambiance ainsi que les constructions en briques rouges, à moitié finies, me rappellent les grandes villes de Bolivie et du Pérou, pourtant de l’autre côté du globe. On roule à gauche ici, c’est perturbant.

Nous avons 15 jours devant nous et de longues heures de marche devant nous, mais quoi de mieux pour faire connaissance que de partager une bière locale dans un des nombreux bars du Thamel

J'ai lu dans mon petit guide qu'aujourd'hui c'est Holi, la fête des couleurs, et effectivement je vois plein de piétons bien colorés ! Cette fête religieuse hindoue, qui marque la fin de l’hiver et le début du printemps, est célébrée au cours de la pleine lune du mois de Phâlguna (février-mars). Le jour de Holi, tout le monde se jette des poudres et de l’eau colorées dessus. D’ailleurs, en arrivant à l’hôtel, je m’aperçois que mes compagnons de trek arrivés la veille ont goûté à toutes ces différentes teintures… Nous avons 15 jours devant nous et de longues heures de marche devant nous, mais quoi de mieux pour faire connaissance que de partager une bière locale dans un des nombreux bars du Thamel (le quartier un peu trop touristique de Katmandou) ? Nous avons tous hâte de voir enfin les montagnes ! Katmandou, en tout cas ce que j’en ai vu en une heure à peine, est très polluée et pas très belle.


De retour à l’hôtel, c’est la préparation des sacs qui nous occupe. D’un côté ce que l’on porte sur nous et de l’autre ce que l’on donne au porteur. Voilà le point qui me gène le plus dans ce trek : faire porter mon sac. En faisant étape dans des lodges, pas besoin de tente, de matelas, de matériel de cuisine ou de nourriture, le sac n’est pas très lourd. J’y ai beaucoup réfléchi tant ça me met mal à l’aise. Je me suis convaincu que la tradition au Népal est d’employer des porteurs, les fameux sherpas, et que pour ne pas créer de malaise dans le groupe ou chez les porteurs, je me plierai à l’organisation prévue.


10 mars 2020 : Jour 2 - Trajet jusqu'au point de départ du trek, Dharapani (1900m)

Un long trajet en bus nous mène à Besisahar, d’où nous prenons un 4x4 (sur une piste parfois périlleuse) jusqu’à Dharapani, à 1900m d'altitude, point de départ de notre trekking. Nous apercevons déjà quelques sommets enneigés ! Pendant ce long trajet sur la route, nous apprenons, avec le groupe, à faire connaissance.

 

Il est temps de faire les présentations. Nous sommes huit randonneurs : Marion, J-C, Erwan, Sara, Smahane, Rémi, Adeline et moi, accompagnés par Bhakta, notre guide, deux assistants guides plus jeunes, Sahon et Asok, ainsi que cinq porteurs qui porteront le gros de nos affaires. C’est toujours génial d’échanger sur nos voyages respectifs, de parler du Pérou, de la Palestine ou d’autres lieux lointains que nous sommes plusieurs à avoir visités ! 


Nous arrivons enfin au village. Le lodge (c’est le nom donné aux petits hôtels de montagne), contrairement aux autres maisons est très coloré et décoré, ce sera le cas dans tous les villages croisés lors de ce trek. Sur une poutre un symbole attire mon attention, c'est la première (mais pas la dernière fois) que je le verrai ici : une croix gammée... Bon je savais qu'elle avait été récupérée et détournée par les nazis, mais ça fait bizarre quand on la rencontre ! Il s'agit en réalité du svastika, utilisé dans beaucoup de civilisations et religions à travers le monde comme symbole de paix (!), notamment chez les bouddhistes.

Il se compose d'une soupe de lentilles parfumée au garam masala (le dal), d'épinards au gingembre (le sak), d'un curry de pommes de terre et carottes (le tarkari) et de riz blanc (le bhat).

Ce soir, nous goûtons pour la première fois au dal bhat. Laissez-moi prendre le temps de vous le présenter, car il a été un compagnon à part entière de ce voyage ! Ce met est une institution, le plat biquotidien de millions de népalais. Il se compose d'une soupe de lentilles parfumée au garam masala (le dal), d'épinards au gingembre (le sak), d'un curry de pommes de terre et carottes (le tarkari) et de riz blanc (le bhat). Les népalais le mangent à la main, en formant des boules de riz mélangé aux différents composants du plat. Personnellement, j'ai préféré la cuillère !


11 mars 2020 : Jour 3 - Dharapani (1900m) à Temang (2600m)

Il est temps de démarrer notre trek népalais avec pour cette première étape une petite mise en jambe tranquille, en montée tout de même, jusqu'à Temang, 2600m d'altitude. Au cours de cette ascension, nous découvrons avec émerveillement le Manaslu qui culmine à 8163m, c'est le 8ème sommet le plus haut du monde, c’est grandiose ! Sur les 12 sommets de plus de 8000m dans le monde, tous sont en Asie (dans l'Himalaya et le Karakoram) et 8 sont au Népal. Rien que ça !

 

A peine 2h30 de randonnée pour boucler ce 1erjour de marche. Journée facile, tout le monde est heureux de pouvoir enfin se dégourdir les jambes, on profite de l’après-midi pour une balade autour du village. J’aime bien ce groupe. Ça avance plutôt bien, en tout cas personne n’est en difficulté, nous avons à peu près tous le même âge (je suis le plus « vieux » du haut de mes 36 ans) et l’ambiance est bonne.

 

Je ne m'attendais pas à autant de confort dans ces lodges en montagne. La piste et les lignes électriques qui courent dans la vallée depuis quelques années ont largement aidé au développement des villages. Il y a même une connexion Wi-Fi. Je m’en serais bien passé car les seules nouvelles qu’elle nous apporte sont une propagation rapide de l’épidémie de covid-19 et un nombre chaque jour plus important de victimes…

C’est simple, surtout pour la toilette (il faudra s’habituer aux toilettes à la turque et à un filet d’eau pour se laver), et nous apprécions le poêle à bois dans la seule pièce chauffée. En plus nous y mangeons bien (dal bhat toujours !) et ça en randonnée ça compte !


En rejoignant ma chambre après le dîner, je suis scotché par le ciel étoilé qui s'offre à nous, juste au-dessus de nos têtes. Aucune pollution lumineuse artificielle, seule la pleine lune au-dessus du Manaslu nous empêche de profiter pleinement de ce spectacle tellement elle éclaire le ciel. Un spectacle magnifique qui clôture la journée.



12 mars 2020 : Jour 4 - Temang (2600m) à Dhukur Pokhari (3200m)

Nous avons la chance d’apercevoir, au milieu de ce panorama digne d’une carte postale, l'Annapurna II, qui culmine à 7864m d’altitude.
Après une bonne (et fraîche) nuit (je ne sais pas encore ce qui m'attend plus haut !!) nous voilà reparti. Sac à dos sur les épaules, nous nous mettons en marche. Le ciel est dégagé et il y a un grand soleil, la marche est très agréable. Nous avons la chance d’apercevoir, au milieu de ce panorama digne d’une carte postale, l'Annapurna II, qui culmine à 7864m d’altitude. Alors qu’hier nous étions sur des sentiers, aujourd’hui nous progressons principalement sur la piste. Ce n’est pas vraiment ce que j’aime en randonnée, préférant les petits sentiers escarpés à flanc de montagne, mais nous croisons très peu de monde et quasiment aucun véhicule.


Nous traversons de petits villages Gurungs, l'ethnie de la vallée. Chacun a ses chörtens (petite construction religieuse) et ses moulins à prières, que les népalais font tourner à la main en récitant des mantras tel « Om Ma Ni Pad Mé Hum », le plus courant. Partout des drapeaux de prières aux couleurs vives égaillent les villages : bleu pour l'espace, blanc pour l'air, rouge pour le feu, vert pour l'eau, jaune pour la terre. Au milieu de rien, alors que nous avançons, un verger aux petits arbres apparaît. Pas de fruit encore, l'hiver finit à peine, je demande à Bhakta de quoi il s'agit, ce sont des pommiers ! Dans la foulée nous arrivons à l'exploitation où nous pouvons nous délecter de ces petites pommes sucrées et croquantes, un délice !

 

Nous continuons notre ascension, et peu à peu les premières neiges apparaissent au bord du chemin. Nous nous arrêtons à Dhukur Pokhari (3200m) qui marque la fin de cette 2èmeétape, beaucoup plus longue, nous avons parcouru plus de 20km, mais sans grande difficulté. Je trouve que les étapes sont courtes, je suis habitué à partir tôt en randonnée mais ce n’est pas le cas, nous nous levons vers 7h pour décoller vers 8h30. Je pense que la montée est volontairement lente car l’altitude peut faire très mal si l’acclimatation n’est pas bonne.

Récompensés par un classique thé népalais, citron, gingembre et miel, nous profitons de la vue sur l’Annapurna II

La neige est bien présente dehors. Récompensés par un classique thé népalais, citron, gingembre et miel, nous profitons de la vue sur l’Annapurna II depuis le toit. Chacun s’occupe ensuite à préparer son lit pour la nuit et faire un brin de toilette avant de tous nous retrouver autour du poêle pour discuter, bouquiner, et jouer aux cartes. Après le repas du soir, Bhakta nous fait le briefing de l’étape du lendemain. Quelques parties de cartes plus tard, nous montons nous réfugier dans nos duvets. 



La suite au prochain RDV ! Je vous dis à la semaine prochaine pour la suite de l'aventure de Vincent dans l'Himalaya. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à les poster sous cet article, nous y répondrons au plus vite.


A bientôt,

Fanny

1 commentaire:

  1. Cela me rappelle de très bon souvenir , surtout le dal bhat ! Matin /midi / soir !! Jusque' à l'overdose !

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