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mercredi 18 mars 2020

Connaissez-vous... la légende du Caroux


Photo @HeraultTourisme
Quelle fut ma surprise de découvrir, il y a peu, que le Caroux (superbe massif caractéristique du Haut Languedoc) avait sa propre légende. Et pas n'importe quelle légende... Celle de la femme couchée.

Caroux, femme couchée... quel est le rapport me direz-vous ? N'y aurait-il pas un peu de misogynie la-dessous ? Personnellement, assimiler ce relief à la beauté sans pareille et au caractère affirmé à une personne de la gente féminine ne me gêne pas, bien au contraire. Plus sérieusement, voilà pourquoi on parle de femme couchée. Plongez votre imaginaire à travers cette photographie et observez... à gauche on devinerait presque une tête non ? Mais pourquoi et surtout comment le corps d'une femme s'est retrouvée piégée ici ?

Voici la légende

« En ce temps là vivaient les géants. Cruels, ils meurtrissaient la terre, dévastaient la nature, offensaient le ciel dans les batailles terribles qu’ils livraient sans cesse.
Impuissants à les calmer, Terre et Ciel se mirent d’accord pour en détruire entièrement la race. Jupiter jeta la foudre dans leurs combats. La Terre tendit ses pièges. Cébenna et Réa survécurent seuls. C’est que, contrairement à ceux de leur race, ils étaient doux et paisibles, allant la main dans la main, sensibles aux beautés de la nature, de l’aube, du crépuscule, aux charmes des fleurs, aux chants des oiseaux. Ils affectionnaient par dessus tout un plateau et un roc appelé Caroux d’où leurs regards pouvaient glisser par dessus vallées et monts, vers la mer aux horizons infinis.
« Qu’ils meurent ! » criait furieux le Dieu de l’Olympe, impatient de créer une race nouvelle. La Terre, que tant de grâce et de douleur touchaient, hésita longtemps…puis céda enfin. Un soir que l’air était parfumé et d’une grande douceur, Cébenna s’étendit sur le roc pendant que Réa remontait le lit du ruisseau d’Héric. Elle suivait d’un œil distrait de petits nuages roses courant sur le couchant. Surprise, elle sentit sous son poids le roc s’amollir, se creuser. Effrayée, elle lança ses bras et ses jambes en un brusque sursaut. La pierre devenue glu immobilisa ses membres, recouvrit son corps. Alors dans un suprême effort, elle renversa sa tête en arrière, poussa un cri de désespoir et d’agonie, et les larmes s’échappant de ses yeux tombèrent goutte à goutte dans les eaux du Rieutord.
Réa, au cri poussé par Cébenna, voulut s’élancer vers elle. Hélas ! sous l’effort, ses pieds s’enfoncèrent comme aspirés par le lit du torrent. Il tomba à genoux pendant que ses mains s’appuyaient à la paroi rocheuse où elles demeurèrent fixées. Dans un effort surhumain où ses os craquèrent, il essaya d’échapper à l’étreinte…il s’enfonça jusqu’aux épaules, puis la glu rocheuse s’éleva, épousa la forme de sa tête, étouffant son dernier râle, pendant que l’Héric déferlait en grondant…
C’est ainsi que tel le gisant de pierre d’un tombeau, le corps de Cébenna, l’infortunée fille des Titans, dessine à jamais ses formes au sommet du Caroux »
- Inspiré d'un texte de Michel Cros

A partir d'aujourd'hui, vous courrez ou randonnerez moins bête la prochaine fois que vous arpenterez ses sentiers. Ne me remerciez pas, c'est gratuit ;-)

Sportivement,
Fanny

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